Écart d'acquisition

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2020

Sommaire

Lorsqu’il achète une société cible, un groupe accepte souvent de payer un prix supérieur aux fonds propres figurant au bilan de sa cible. Cet écart entre la valeur comptable de la société et les capitaux investis correspond à l’écart d’acquisition, aussi appelé « goodwill »ou « survaleur ».

Cet écart d’acquisition est justifié dans la mesure ou la valeur comptable d'une entreprise est souvent déconnectée de sa valeur réelle. Cet article vous en dit plus sur l'écart d'application et sur sa comptabilisation.

Légitimité comptable de l'écart d'acquisition

Techniquement, l'écart d'acquisition, ou goodwill, correspond à l'excédent du coût d'acquisition relatif à la quote-part de l'acquéreur dans la juste valeur des actifs (et des passifs) identifiables.

Cette survaleur peut être justifiée par plusieurs facteurs. lI s'agit de l’ensemble des avantages que procure la prise de contrôle de la cible.

Il peut, par exemple, s'agir de perspectives de croissance des bénéfices de la cible seule, des avantages liés à l'achat d’une marque « forte », de l'acquisition d'un savoir-faire technologique, de la disparition d’un concurrent ou de la fertilisation croisée résultant de l’acquisition.

L’importance du goodwill ne doit pas être négligée lors de l’analyse des bilans, car il se chiffre en centaines de milliards d’euros.

Comptabilisation des écarts d’acquisition

Depuis 2008, et conformément à la norme comptable IFRS 3 révisée, l’écart d’acquisition résiduel est comptabilisé comme une immobilisation incorporelle à durée de vie indéfinie.

On la comptabilise après la reconnaissance et la réévaluation, à la juste valeur, de tous les autres actifs corporels et incorporels de la société acquise.

Les écarts d’acquisition dont la durée d’utilisation est limitée restent amortissables sur cette durée. Exceptionnellement, si la durée d'utilisation ne peut être déterminée de façon fiable, l'amortissement peut se faire sur 10 ans.

Dès l’acquisition, l'écart d'acquisition doit être réparti entre les diverses unités génératrices de trésorerie (UGT) de l'entreprise acheteuse.

Des tests de dépréciation (impairment tests) doivent être réalisés en fin d'année et à chaque constatation d'un indice de perte de valeur.

L’écart d’acquisition s’obtient par différence entre :

  • le prix payé par l’acquéreur ;
  • la valeur des participations ne donnant pas le contrôle de la société acquise (intérêts minoritaires) ;
  • la juste valeur, à la date d’acquisition, de l‘éventuelle participation précédemment détenue par l’acquéreur ;
  • la juste valeur, à la date d’acquisition, de l’actif net identifiable de l’entreprise absorbée.

Écart d’acquisition : comptabilisation des dépréciations

L’annexe des comptes consolidés doit spécifier les informations relatives aux modalités de détermination de la durée d’utilisation de l’écart d’acquisition, à la méthode de mise en œuvre des tests de dépréciations et au calcul des dépréciations.

La nécessité de déprécier un actif s’obtient généralement en confrontant sa valeur comptable et sa valeur recouvrable. Dans le cas de l'écart d'acquisition, la donne est plus compliquée.

Les tests de dépréciation s’effectuent au niveau des diverses unités génératrices de trésorerie (UGT).

Le goodwill n'est donc déprécié qu’en cas de perte de valeur de l’UGT à laquelle il appartient. La dépréciation de l’UGT est alors affectée prioritairement au goodwill.

En cas de forte baisse, les entreprises doivent provisionner cette baisse, puis l'amortir.

Historiquement, la forte dépréciation des écarts d'acquisition a contraint plusieurs entreprises, dont France Telecom, à annoncer de lourds déficits suite à la flambée des provisions dans les années 2000 (bulle Internet).

C’est en période de récession que ces provisions grimpent en flèche, car les sociétés cibles souvent acquises par endettement, n’apportent pas les gains escomptés du fait du retournement de conjoncture.